dimanche 7 mars 2021

Si, comme le dit la sagesse des nations, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis…

 … Alors nos gouvernants font preuve d’une intelligence exceptionnelle.

La crise liée au Covid-19 est un bûcher des vanités ; elle est également le creuset du monde de demain qui, par extraordinaire, ressemble trait pour trait en bien des domaines à l’ancien monde. Nous pouvons l’observer en particulier en ce qui concerne les changements inopinés d’opinion de nos gouvernants. Au-delà du retournement de veste à l’italienne, ultime et subtile mise en œuvre des préceptes que Machiavel proposait à l’usage du Prince, au-delà du pragmatisme de nos voisins et néanmoins amis d’outre-Manche, application de la formule étincelante de dialectique (et d'égoïsme) de Palmerston (« We have no eternal allies, and we have no perpetual enemies. Our interests are eternal and perpetual, and those interests it is our duty to follow »), il y a cette formidable capacité française à dire tout, n’importe quoi et son contraire, avec un aplomb et pour tout dire une arrogance à couper le souffle : on l’a vu, l’année dernière avec le port du masque, passé de l’inutile à l’obligatoire, sans l’ombre d’un mea culpa de la part de ses contempteurs devenus ses thuriféraires ; on le voit aujourd’hui avec le vaccin Astra Zeneca, qualifié par le Président de la République de « quasi-inefficace pour les plus de 65 ans » fin janvier, désormais autorisé pour cette classe d’âge jusqu’à 74 ans, plus particulièrement pour les personnes atteintes de comorbidité, et qui fait l’objet, sur l'air des lampions afin de couvrir les récriminations, d’une promotion active de la part de l’Exécutif. Là encore, pas de retour sur les affirmations précédentes, donc pas de crédibilité des nouvelles affirmations.

Une telle attitude pouvait encore s’expliquer, sinon se comprendre, au temps où la France était cette « insolente nation » dont la puissance faisait plier ses adversaires. Déjà sous Napoléon Ier, il avait fallu rabattre de cette superbe ; mais c’est surtout le gouvernement de rencontre de gens de gauche et de droite autour d’un Président de la République bientôt transformé en monarque qui l’a définitivement réduite à néant...  A Sedan, en 1870.

samedi 30 janvier 2021

Comment parvenir à se créer une petite réputation d’esprit fort et de penseur

La méthode à suivre est simple : après avoir soi-même largement contribué pendant des années, voire des décennies, en usant de sa position, à corseter les idées et les opinions, trouver un tabou à briser en rejetant brutalement les considérations qu’on avait jusque-là mises en avant et défendues avec ardeur quand cette remise en cause venait des autres.

Voilà ce qui s’observe aujourd’hui avec les propos de certains « éditorialistes », qu’il s’agisse de personnages appartenant au monde des médias proprement dit, ou plus encore de « spécialistes » (de pandémie, d’économie, ou de tout autre sujet « expertisable »), que leurs compétences supposées propulsent quotidiennement sur les plateaux de télévision ou sur les chaines de radio : ils se targuent à l’occasion de donner des leçons, aux gouvernants parfois, aux gouvernés souvent ; tout à leur heure de gloire et/ou de scandale, ils n’ont même pas conscience de faire en réalité écho, de manière endogène, à la petite musique entendue dans les sphères du pouvoir et les salons où l’on cause.

Ces nouveaux « esprits forts », ces nouveaux « penseurs », ne se recrutent pas dans telle ou telle mouvance politique plus ou moins radicale, de droite ou de gauche. Il s’agit plutôt de gens modérés, qui soudain tombent le masque : on découvre alors le visage de l’extrême-centre, dont on peut ainsi mesurer le risque que son insidiosité fait courir à la démocratie.

 

vendredi 15 janvier 2021

Logomachistes et « has been »

Tandis qu’en communiquant (mal), les gens aux affaires s’efforcent surtout de faire oublier que, pour des résultats qui ne sont pas fondamentalement meilleurs sur le front sanitaire, nous vivons désormais sous un régime de droit où l’exception, en matière de libertés publiques, tend de plus en plus à devenir la règle, il s’en trouve parmi eux certains pour s’imaginer et déclarer avec l'aplomb qui caractérise les logomachistes, que les gens au travail, ─ dans les bureaux, les ateliers ou les usines, ─ n’auraient pas d’autre préoccupation en fin de journée  que de boire l’apéritif entre eux, comme dans un roman réaliste, au lieu d’aller chercher leurs enfants à la garderie, de faire des courses ou encore de perdre leur temps dans les transports : vous avez dit « hors sol » ? Non, plutôt « has been ».

 

mercredi 13 janvier 2021

Actualité de Pierre Dac

Sérénissime incarnation de la sagesse orientalo-berrichonne, ou encore fondateur, avec son inénarrable acolyte Francis Blanche, du Parti d’en Rire, Pierre Dac, le génial inventeur du Biglotron, cet appareil qui « ne sert apparemment à rien », mais « est appelé dans un avenir d'autant plus proche qu'il sera moins éloigné, non seulement à servir à tout, ce qui est la moindre des choses, mais encore et surtout à n’importe quoi », ─ Pierre Dac, disons-nous, faisait un jour remarquer que « les résistants de 1945 sont, parmi les plus glorieux et les plus valeureux combattants de la Résistance, ceux qui méritent le plus d'estime et le plus de respect parce que, pendant plus de quatre ans, ils ont courageusement et héroïquement résisté à leur ardent désir de faire de la Résistance ».

Ce constat conserve, semble-t-il, toute son actualité : on pourrait, à petit pied, l’appliquer à ceux qui, pendant quatre ans, ont résisté à leur désir de fermer la tribune qu’ils ont offerte pendant tout son mandat à Donald Trump.

 

Le « Monstre de Malmesbury »

  La petite ville de Malmesbury est dominée par son imposante église paroissiale, vestige d’une ancienne et puissante abbaye dont la Dissol...